Curiosanté, retour au magazine

← Au quotidien

Thé : de quoi sont faits nos sachets ?

Papier, nylon, matières d’origine végétale : tous les sachets de thé ne se ressemblent pas. Certains contiennent du plastique, même lorsqu’ils ont l’apparence du papier. Que sait-on de ce qu’ils libèrent dans l’eau chaude ? Et quelles alternatives existent ?

Au quotidien · 4 min de lecture

Une tasse de thé et un sachet dans une scène peinte.

Certains sachets sont entièrement en plastique, notamment en nylon. D’autres mélangent des fibres de cellulose et du plastique. Il existe aussi des sachets sans plastique : leur composition doit être vérifiée, car l’apparence du papier ne suffit pas à les reconnaître.

Autre subtilité : « d’origine végétale » ne signifie pas « sans plastique ». Le PLA est un plastique qui peut être fabriqué à partir de ressources végétales. Une étude a observé la libération de particules par des sachets en PLA dans ses conditions expérimentales.

Ce qui peut quitter le sachet

Certains sachets contiennent du plastique. Quand on parle de microplastiques, on désigne de très petites particules de ce matériau ; les nanoplastiques sont encore plus petits. Pour donner une idée de l’échelle, un micromètre représente un millième de millimètre. Ces objets échappent donc au regard ordinaire, même dans une tasse parfaitement claire.

Les chercheurs doivent répondre à plusieurs questions : combien y en a-t-il, quelle est leur taille et de quoi sont-ils faits ? Compter les points visibles sur une image de microscope ne suffit pas à dire que chacun est du plastique. Et deux techniques qui ne détectent pas les mêmes tailles peuvent aboutir à des résultats très différents.

Des milliards, vraiment ?

En 2019, une équipe canadienne a étudié des sachets en plastique plongés dans de l’eau chaude. Son estimation se comptait en milliards de particules par sachet. Ce chiffre spectaculaire a beaucoup circulé. Il concernait pourtant des matériaux précis, préparés pour une expérience, pas l’ensemble des sachets vendus dans les magasins.

L’institut allemand d’évaluation des risques a contesté la façon de compter. Avant l’observation, l’eau avait été évaporée. Or des substances qui étaient dissoutes peuvent former des dépôts en séchant. Ces dépôts risquent alors d’être pris pour des particules déjà présentes dans l’eau. Imaginez une goutte d’eau salée qui sèche : ce qui reste sur le support n’avait pas forcément la même forme dans la goutte.

Dans ses propres investigations, l’institut a retrouvé beaucoup moins de particules de plus d’un micromètre. Le désaccord porte donc notamment sur ce qui est mesuré. Il ne suffit pas de choisir le plus grand chiffre pour décrire ce qui arrive dans notre tasse.

Pourquoi étudier des cellules intestinales ?

Une autre équipe a examiné trois matériaux de sachets : le nylon, le polypropylène et la cellulose. Les deux premiers sont des plastiques ; la cellulose rappelle que tout ce qui se détache d’un sachet n’est pas nécessairement du plastique. Les chercheurs ont ensuite mis les extraits au contact de cellules intestinales humaines cultivées au laboratoire.

Ils ont observé l’entrée de particules dans certaines cellules. Cette expérience aide à comprendre comment les matériaux rencontrent le vivant. Mais les cellules étaient directement exposées dans un dispositif de laboratoire : personne n’avait bu une tasse de thé dans cette expérience. L’observation ne démontre donc pas que ces sachets provoquent une maladie chez leurs consommateurs.

Cette différence est essentielle pour suivre la recherche. Détecter des particules, observer leur contact avec des cellules et établir un effet sur la santé humaine sont trois étapes distinctes. La première peut être étudiée sans que les réponses aux deux autres soient déjà connues.

Peut-on se passer du plastique ?

Oui. Le thé en vrac et un infuseur en inox constituent une solution simple. Si l’on préfère les sachets, on peut rechercher une composition explicitement sans plastique, fermeture comprise. Les mentions « végétal » ou « biodégradable » ne suffisent pas à le garantir.

Des filtres en coton ou en cellulose constituent également des options, à condition de vérifier leur composition complète.

Ces choix permettent d’éviter le plastique du sachet. Ils ne garantissent pas une boisson sans aucune particule, et aucun bénéfice pour la santé n’est démontré à ce jour par les études consultées.