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Votre corps a-t-il le même âge que vous ?

Nous comptons notre âge en anniversaires. Les chercheurs, eux, essaient aussi de lire les traces du temps dans nos cellules. Une étude menée en Suisse montre comment ces nouvelles « horloges » pourraient aider à comprendre le vieillissement.

Sculpture conceptuelle : un anneau bleu et une chaîne de perles ivoire ponctuée de couleurs.

En trois points

  • L’âge biologique cherche à décrire la manière dont le corps vieillit, au-delà du nombre d’anniversaires.
  • Des marques chimiques sur l’ADN permettent de calculer des indices de ce vieillissement.
  • Une étude suisse a mesuré de petits changements de ces indices, sans démontrer des mois de vie gagnés.

Deux personnes fêtent leurs 70 ans. L’une monte facilement plusieurs étages, l’autre se fatigue davantage. Elles ont vécu le même nombre d’années, mais leur état de santé diffère. Cette observation familière se trouve au cœur d’une question scientifique : comment mesurer la manière dont notre corps vieillit ?

L’âge du calendrier est simple à calculer. L’« âge biologique » désigne une autre idée : estimer où en est le corps dans son vieillissement à partir de mesures biologiques. Il ne se résume ni aux rides ni à la sensation d’être en forme. Les chercheurs cherchent des indices mesurables, capables de compléter ce que raconte notre date de naissance.

Des traces du temps sur l’ADN

Dans nos cellules, l’ADN porte les instructions génétiques. De petites marques chimiques peuvent s’y fixer sans changer la séquence de l’ADN. On peut les imaginer comme des annotations sur un texte : les lettres restent les mêmes, mais leur utilisation peut être modifiée.

Certaines de ces marques évoluent avec l’âge. En étudiant leur répartition chez de nombreuses personnes, les chercheurs ont conçu des calculs appelés « horloges épigénétiques ». Une prise de sang permet de recueillir les cellules nécessaires à cette analyse.

Le mot « horloge » est une image. Selon la méthode utilisée, le résultat estime un âge ou une vitesse de vieillissement. Ces outils ne donnent donc pas tous la même information. Certains ont été construits à partir de personnes suivies pendant des années, en reliant les marques de leur ADN à l’évolution de leur santé.

Pourquoi chercher à mesurer cela ?

Pour savoir si une intervention aide à mieux vieillir, il faut habituellement suivre des personnes longtemps. Les changements dans le sang pourraient offrir des indices plus précoces. Les scientifiques pourraient ainsi repérer des pistes à explorer, puis vérifier leurs effets sur la santé au fil du temps.

Une expérience suisse

Une analyse publiée en 2025 a porté sur 777 participants suisses âgés d’au moins 70 ans, généralement en bonne santé et actifs. Les chercheurs comparaient les effets des oméga-3, de la vitamine D et d’un programme d’exercice à domicile, seuls ou combinés. Les participants avaient été répartis au hasard entre différents groupes et suivis pendant trois ans.

Les chercheurs ont analysé des prélèvements sanguins du début et de la fin de l’étude. Les oméga-3 étaient associés à un ralentissement sur trois des quatre mesures du vieillissement examinées. L’ajout de vitamine D et d’exercice apportait un bénéfice supplémentaire sur l’une d’elles.

Quelques mois sur une horloge : qu’est-ce que cela signifie ?

Pour certaines mesures, les chercheurs ont traduit l’écart observé en environ trois à quatre mois d’âge biologique sur trois ans. Cela décrit une différence calculée à partir du sang. Cela ne signifie pas que les participants ont vécu trois ou quatre mois de plus.

La prochaine étape est de vérifier si ces changements annoncent des bénéfices durables, comme rester autonome plus longtemps. L’intérêt de ces horloges est précisément là : aider à comprendre ce qui change dans le corps, avant de savoir ce que cela changera dans la vie.

Sources et transparence